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 29.08.2006   

La Toile - Partie III

29 Août 2006

La Toile
Jean-Pierre Balpe (2001)
ISBN 2-84358-096-X
Cylibris ( http://www.cylibris.com/ )

Extraits (suite) :



Le réseau est devenu le cerveau de l'humanité (dans le sens de la mémoire mais aussi de l'inconscient collectif, quelque peu schizophrène). Reconfiguration du réseau selon la diffusion d'informations à plus ou moins grande échelle et selon les destinataires (volontaires ou non), qui chercherons ou non un complément d'information et changerons le contenu du réseau (publication et recherche conjugués) : l'information disponible crée de l'information ! Opposition «intégrés» (au réseau) et «désintégrés». Cyberdream : rêve de la communication globale entre tous les habitants de la planète quelque soit la langue et la culture d'origine...


» Presque dès son origine, plus exactement dès l'apparition d'interfaces conviviales, de programmes donnant l'impression que n'importe qui, sans apprentissage particulier, pouvait savoir communiquer par leur intermédiaire - comme Mosaic ou Netscape - le réseau fut à l'origine de toutes sortes d'utopies socio-économiques; La plapart des des promoteurs de la technologie des réseaux crurent - ou du moins se persuadèrent - que ce moyen mondial de communicaion instantannée offrait, à n'importe qui, à partir de n'importe quel point du monde, l'accès à l'ensemble des connaissances universelles. Cette culture, universelle, devait apparaître comme un bien appartenant à l'ensemble de l'humanité, consommable même par les plus démunis.
Cette idée fut l'otigine de l'utopie égalitaire; Chacun allait pouvoir prendre en main son acculturation et faire partager ses connaissances à n'importe qui d'autre...
Plus encore que l'information, l'intelligence elle-même allait devenir un bien commun offert à tous, partageable : une intelligence collective. Une idée curieusement proche de celle d'Abu Walif Muhammad Ibn Ruchd - ou averroès - qui, au XIIème siècle, considérait déjà l'intelligence humaine comme en relation avec une intelligence collective séparée. Il y eut sur ce sujet nombre de conférences internationales, discours politiques, déclarations d'intentions. Lorsque de grands organismes comme l'ONU ou l'UNESCO lancèrent d'ambitieux programmes d'aide ou de recherche sur ce sujet, tous les États durent faire entendre leur voix. Chacun prit, avec raison, conscience de l'enjeu. Pour exister dans le monde, il fallait exister dans le réseau.
Ce fut l'origine de la notion moderne d'intégration. Est «intégré» qui participe au réseau ; «désintégré» qui n'y participe pas. «


» Or l'accès au réseau n'était pas aussi facile que les gouvernants voulaient le croire.
D'une part, comme toute technologie, cet accès imposait l'existence et la maintenance d'une importante infrastructure matérielle : terminaux, serveurs, réseaux téléphoniques modernes, réseaux de cables, réseaux satellites...
D'autre part, sa constitution, sa maintenance, avaient un coût non négligeable. Si les États avaient pu ignorer ce problème en prenant en charge la quasi-totalité des dépenses lorsque le réseau n'était ouvert qu'à une minorité d'intellectuels et de scientifiques - même si cette minorité était composée de plusieurs millions d'individus -, ils ne le pouvaient plus dès lors qu'il s'agissait de l'ouvrir aux quelques cinq milliards d'hommes qui peulaient la planète.
Enfin, plus encore que tout autre type d'échange, l'échange «universel» suppose une base minimale de compréhension. Mettre face à face un Kazakh et un Aborigène australien n'a jamais permis d'assurer le moindre dialogue. Si les usagés cultivés parvenaient à communiquer au travers d'un pidgin approximatif d'américain commercial, ce n'était pas le cas de la plupart des habitants de la planète dont une grande part était analphabète. Une autre variété d'utopistes prétendait cependant que l'on parviendrait un jour à assurer des systèmes de traduction automatique. Si, aujourd(hui, pour une petite poignée de langues, quelques progrès ont été faits dans ce domaine, les connaissances d'alors en étaient très loin. Il suffit en effet de remarquer qu'en 1995, le réseau Internet n'acceptait que les caractères non accentués de l'alphabet romain pour se rendre compte de la distance entre utopie et réalité.
Ce fut l'origine du «cyberdream».
Dès lors, devant les avantages qu'il offrait, le réseau gagna très rapidement de l'importance dans les couches éduquées des pays développés. Le résultat imprévu fut que, loin de permettre un nivellement des différenciations, il donna, à ceux en mesure de s'en servir, une avance considérable sur les autres catégories sociales. On passa insensiblement de la démocratie à la cybercratie. «



Le monde est devenu coupé en deux : une communauté mondiale qui fait se fondre les cultures connectées au réseau, une part impoortante de la population s'enferme dans des cultures locales particulières incapables de communiquer. Une communauté riche et organisée qui avance et une autre désorganisée et non communicante qui recule... [Analogie avec le Village et le Veld dans F.A.U.S.T.] Facilité de passer d'intégré à désintégré, mais grande difficulté pour le passage inverse, à moins de se faire aider par un intégré particulièrement riche et généreux...



» Alors que les crises économiques successives des annes 80 et 90, révélkatrices d'un bouleversement profond des structures mondiales du travail, avaient déjà commencé à créer des masses d'exclus, tout nouveau pas vers une culture du «cyberspace», loin d'assurer une atténuation des divergences, accrut les divisions présentes, amenant peu à peu à une séparation complète entre ce que l'on appela dès lors «intégrés» et «désintégrés».
Deux choix techniques peuvent être, en ce sens, considérés comme exemplaires.
Pour des raisons strictement économiques, les années 1990 à 2000 virent une place de plus en plus grande accordée à la monnaie électronique : le cybercash. Si les buts étaient d'assurer une plus rapide circulation des flux, réduire les sabotages que représentait la fausse monnaie, éviter des frais importants de traitement, furent atteints, une conséquence inattendue en résultat. La raréfaction de la monnaie comme moyen concret d'échange, son remplacement par une monnaie virtuelle pénalisa fortement tout ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n'avaient pas accès aux circuits bancaires : économiquement faibles, chômeurs, travailleurs clandestins, marginaux, trafiquants en tout genres, petits condmanés de droit commun, communautés archaïques... L'absence de monnaie accentua leur marginalisation. Sa disparition chez les désintégrés fit ainsi réapparaître la pratique archaïque du troc avec toutes ses conséquences. La moindre n'étant pas l'absence de valeur commune de référence et d'arbitrage ainsi que la nécessité permanente de réévaluer ses possessions même les plus dérisoires. La vie des désintégrés en fut de plus en plus soumise aux contigences du quotidien...
D'autre art - pour des raisons d'efficacité technique - les soins médicaux s'appuyèrent de plus en plus sur des consultations à distance, des possibilités d'automédication assistée, des suivis électroniques de dossiers qui contribuèrent pour une part non négligeable à une réelle amélioration des soins médicaux, à l'augmentation importante de la moyenne de vie,. Sauf, bien entendu, pour ceux qui - en marge de la légalité ou n'ayant pas accès aux techniques modernes - refusaient ou étaient exclus de ce réseau de «surveillance médicale».
Chacun de ces facteurs techniques d'exclusion renforça les autres, rendant difficile un recul collectif comme les pratiques individuelles d'intégration. Peu à peu, le triomphe du réseau eut pour conséquence l'affirmation d'une humanité à deux vitesses : celle des intégrés, celle des désintégrés, catégories désormais étanches. Le web joua le rôle de fatalité contemporaine. «



Conclusion de Orion aveugle : « Il est bien rare qu'un seul niveau d'explication suffise à rendre compte des phénomènes sociaux complexes. Tout fait, même le plus simple en apparence, est tissé dans un réseau de causes et de conséquences qui, pour son explication, demandent à être démêlés. Dans l'espace immatériel du réseau, l'homme, animal symbolique, n'est plus en contact direct avec la réalité, ne lma voit plus face à face. Au lieu d'voir continûment affaire aux choses qui par leur matérialité le démente et l'oblige à évoluer, il ne se trouve plus, au risque d'y perdre ses repères, qu'en dialogue constant avec lui-même. À la limite, il n'a aucune conscience de l'altérité, l'autre lui semble un double de lui-même... «





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Gaby


Publié dans la catégorie : Livres


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